William Brock : Survivant d'une leucémie aiguë myéloblastique

Quand est tombé en septembre 2004 le diagnostic de leucémie aiguë myéloblastique, l’avocat montréalais William Brock pensait recevoir une sentence de mort, et de mort à très court terme.

«Le diagnostic est tombé sept ans presque jour pour jour après celui que mon père avait reçu pour la même maladie. Or il est mort au bout de six semaines, lui qui était auparavant en parfaite santé, alors imaginez comment je me sentais».

Ce verdict de leucémie a été comme un coup de poing en plein plexus pour cet homme alors dans la quarantaine florissante, père de deux enfants de 9 et onze ans, et dont la vie active était à son pinacle :

«Pour moi, c’était comme de me retrouver face à face avec un carton de lait sur lequel la date de péremption était inscrite en grosses lettres. Une minute, tu penses avoir encore une quarantaine d’années à vivre, à réaliser tes projets, l’autre, il te reste six semaines, et six semaines de souffrance dans l’isolement total»

S’il en parle aujourd’hui d’un ton léger, presque avec humour, William Brock se remémore toute l’angoisse charriée par ce bouleversement soudain. Très vite, il a été pris dans le tourbillon des traitements :

«J’ai subi un premier traitement de chimiothérapie, qui s’est révélé un échec, puis un deuxième, qui a fonctionné, celui-là, et qui m’a accordé une rémission».

Un répit, certes, mais aussi une épée de Damoclès : la rémission moyenne dure huit mois, mais à chaque rechute la durée de la rémission suivante est plus courte. Un sombre pronostic. William Brock explique que le type de leucémie aigüe dont il souffrait était légèrement différent de celui qui avait foudroyé son père.

«Il me fallait une greffe de cellules souches pour avoir une chance durable de m’en sortir».

À l’Hôpital juif où il était traité, ce type n’intervention n’était pas pratiqué.

«J’ai alors fait des recherches dans toute l’Amérique du nord pour trouver l’endroit où je pourrais recevoir les meilleurs traitements, à commencer par les États-Unis, car, souvent, au Canada, on a tendance à penser que c’est chez nos voisins américains que les traitements de pointe se trouvent plutôt que chez nous».

Mais c’est justement du côté américain qu’on lui a révélé que Montréal recelait une véritable gemme en matière de soins de pointe, un centre où l’on pratiquait la greffe de cellules souches et la thérapie cellulaire au plus haut niveau.

« On me parlait de Maisonneuve-Rosemont, on me disait qu’on y avait une place mondiale dans la recherche et les traitements, raconte William Brock en riant, et pour moi, ce nom n’évoquait qu’un boulevard, un quartier, je ne savais pas qu’on avait une telle excellence juste sous notre nez». 

Et c’est à cette excellence, dont celle de son médecin le Dr Jean Roy, que William Brock doit son rétablissement. Il a subi une allogreffe à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont :

« Mon frère était un match parfait, et j’ai reçu des soins exceptionnels. Le personnel était incroyable. Je suis entré le 2 février 2005, la greffe a eu lieu le 17». 

Évidemment, dans tout le cursus des soins, William a traversé des moments terriblement durs :

«La phase qui précède la greffe est très pénible, on ne se le cachera pas. Il faut subir une chimio éprouvante pour mettre le cancer à terre, on se sent très faible, très malade, et si la greffe échoue, c’est la mort assurée, car on n’a plus aucun système de défenses».

Heureusement, la greffe de William Brock s’est avérée une réussite totale :

«Le jour de la greffe, c’est ce qu’on appelle le jour zéro, le premier jour de ta deuxième vie. C’est vraiment comme cela, une deuxième vie».

Une deuxième vie sous le signe de la gratitude et du désir de se consacrer à aider chercheurs et médecins à donner l’essor nécessaire à ces techniques de pointe que sont les greffes de cellules souches, la recherche sur les maladies du sang et plus largement toutes les déclinaisons de la thérapie cellulaire. Le retour à la pleine santé s’est effectué petit pas par petit pas, entre progrès et rechutes. Mais au final, la vigueur dans la voix du William Brock d’aujourd’hui atteste de sa vitalité retrouvée.

« Quand j’ai émergé de mes traitements, j’ai demandé à Dr Roy ce que je pouvais faire pour le remercier. Il m’a dit : trouver deux millions pour la recherche».

Ne faisant ni une ni deux, William Brock s’est attaché à réunir les conditions pour répondre aux besoins criants des subventions pour la recherche. Il a ainsi contribué à établir le Fonds d’enseignement et de recherche sur les cancers du sang. Tout récemment son travail et celui de sa conjointe Maryse ont été soulignés par la création à l’Université de Montréal d’une chaire de recherche appliquée en greffe de cellules souches, grâce à des dons totalisant 2,3 M$. William Brock a repris sa pratique légale tout en mettant sa veine créative au service de la collecte de fonds mais aussi de la sensibilisation aux souffrances engendrées par le cancer. Il publiera sous peu un deuxième ouvrage conjuguant textes et photos autour de témoignages poignants de survivants du cancer, tout cela au profit de la chaire de recherche, en espérant que d’autres pourront, comme lui, survivre à la maladie pour témoigner que l’espoir existe et qu’il est intimement lié aux avancées de la recherche et à leurs applications.

Écouter l'histoire de William Brock

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