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Mai Duong : Le visage familier de la thérapie cellulaire

S’il est un visage qui incarne les bienfaits de la thérapie cellulaire au Québec, c’est sans doute celui de Mai Duong. Souvenez-vous de ces images qui ont touché le cœur des Québécois et sans doute au-delà, en 2014, celles d’une jeune femme atteinte de leucémie assise sur son lit d’hôpital, si malade, fragile, désespérément en attente d’un donneur compatible? Son histoire poignante avait mobilisé les médias. Au beau milieu de la tourmente, Mai avait eu la force de faire connaitre sa cause et d’accorder des entrevues aux médias. Aujourd’hui, on peut sans exagérer affirmer que sa bataille contre la maladie a grandement fait progresser la connaissance qu’a le public de la thérapie cellulaire et de l’importance des dons de cellules souches. Et son implication pour la cause demeure l'une de ses priorités. 

Alors qu’elle a recouvré la santé, Mai exprime toute sa reconnaissance à ce public, qui, dit-elle, a été formidable et lui a prodigué un appui précieux alors qu’elle était si vulnérable. 

Quand la maladie frappe

La maladie lui est tombée dessus en 2013 sans crier gare. Elle était alors enceinte et déjà maman d’une petite Alice, et n’avait pas particulièrement de raison de s’inquiéter pour sa santé: « C’est vrai que je traînais un rhume qui ne voulait pas guérir, mais quand on est enceinte on a parfois le système immunitaire un peu affaibli». Pourtant son médecin, lui, s’inquiète et ordonne une série d’examens qui confirmeront le verdict de leucémie. 

«Quand j’ai su, tout s’est enchaîné très vite, j’ai dû interrompre ma grossesse, et les traitements ont commencé en l’espace de quelques jours». Une première série de traitements conventionnels, en hôpital puis pendant six mois à l’externe, qui ont permis à la jeune professionnelle de la publicité de connaitre une rémission. 

Une rémission, c’est l’espoir, et le retour à un semblant de vie normale. «Entre ma rémission et la rechute, dix mois plus tard, je n’ai relevé aucun symptômes, 

La réapparition du cancer survient donc comme un cataclysme. «La rechute a été beaucoup plus dure à gérer que le premier épisode de la maladie. La première fois, on est naïf, on ne sait pas ce qui nous attend». Mai évoque ainsi la dureté des traitements qui, en anéantissant le cancer, mettent à terre les défenses immunitaires, obligeant ainsi le malade à vivre en isolement pour une période indéterminée : «Quand tu entres en isolement, tu ne sais pas pour combien de temps c’est, quand tu vas retrouver ta famille, ta vie». 

Heureusement, les soins reçus à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ont été de première classe, avec un personnel non seulement au sommet de la compétence mais extrêmement attentionné. A ce stade, la jeune femme sait que seule une greffe de cellules souches peut désormais la sauver. Un gros obstacle : il faut trouver un donneur : «Le premier choix, le plus susceptible de marcher, c’est celui d’un membre de la famille. Hélas, j’ai appris lors de ma rechute que les médecins avaient déjà testé mon frère auparavant et que celui-ci n’était pas un donneur compatible pour moi». 

A la quête du donneur compatible 

Ce premier choix écarté, les efforts se tournent vers la deuxième option, soit un don d’une personne compatible à l’extérieur de la famille. Mai, d"origine vietnamienne, fait face à une difficulté de taille : «Les chances de trouver un donneur compatible de ma communauté étaient très minces et en effet il n’y avait personne.» Tout cela malgré une campagne intensive, incluant la page Facebook Sauvons Mai, qu’elle a elle-même imaginé avec des amis du domaine de la publicité, pour mobiliser le public. Et ce public, en particulier celui de la communauté vietnamienne, répond massivement à l’appel. Hélas, sans qu’un donneur compatible ne soit identifié pour Mai, dont l’état se dégrade. A l’automne 2014, il y a urgence d’agir pour sauver la jeune femme. 

« Alors il fallait passer à la troisième possibilité, la dernière, soit la greffe de cellules de sang de cordon ombilical ». 

Une technique de pointe

Une technique de pointe, porteuse d’espoir, mais délicate : «Le sang de cordon ne comprend que peu de cellules, le risque de rejet est élevé. D'un autre côté, les cellules de sang de cordon sont en quelque sorte naïves, et donc mieux acceptées par l’hôte. On a pu envisager cette technique pour moi malgré le petit nombre de cellules justement parce que je ne suis pas très grande.» 

Et ce fut un succès : «J’ai eu quelques complications, dont une pneumonie, des problèmes d’intestin et des problèmes de peau, j’ai même dû être de nouveau brièvement hospitalisée, mais dans l’ensemble les effets ont été bien contrôlés et relativement limités. Et mon rétablissement a été plus rapide que ce que prévoyaient les médecins. Normalement, on parle de six à huit semaines, je suis sortie de l’hôpital après quatre semaines». La vigilance a été longtemps de mise pour Mai, pour éviter les infections. 

Si la jeune mère d’origine vietnamienne est aujourd'hui en pleine santé et si elle ne garde aucune trace de cellules cancéreuses dans le sang, elle est aussi consciente qu’une résurgence de la maladie est encore possible. «Les deux premières années sont cruciales, c’est là qu’ont lieu les rechutes. La rémission complète de la leucémie se mesure après cinq ans, mais les deux ans sont cruciaux. J’ai encore quelques mois à attendre...» 

Des mois angoissants, mais qui ne l’empêchent pas de mener une vie pleine et active. Elle s’implique aussi à fond dans la sensibilisation à la cause de la recherche en thérapie cellulaire. Elle roulera entre autres au sein d’une équipe formée de médecins et de patients pour le défi Roulons pour la thérapie cellulaire qui a lieu le 10 septembre prochain près du Mont Orford : « Je trouve important que les patients participent, le partenariat patient-médecins est très important ».

  • 17/06/2016

 

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